L’anatomie d’un naufrage

Témoignage de Eric LAFON 

Bumblebee, n° 651 quitte la liste des bateaux adhérents.

Et je le regrette !!! J'ai dessalé avec le bateau lors d'une sortie solo le 17/09 par une rafale de 45 nœuds (grain d'orage) avec pourtant 1 ris et rien devant. J'essayais de regagner un abri derrière le grand banc. Pas eu le temps. Bref, le bateau qui n'a pas coulé complètement n'a pu être redressé malgré l'intervention de la SNSM d'Arcachon. Il est resté à la dérive puis est resté échoué pendant deux jours. Le bateau est irrécupérable, il sera détruit.   

Le naufrage :

Je naviguais au travers mais j'ai lofé dès que le vent a monté pour déventer la GV. Impossible d'éviter le dessalage, j'étais déventé au moment de la rafale, le bateau s'est couché. Les capots étaient ouverts, c'est la grosse erreur. Le bateau s'est rempli immédiatement.

Météo : Parti le matin, la météo prévoyait des rafales à 21 nœuds sur Météo Consult.

J'ai checké la météo en fin de matinée rien de neuf, le BMS est arrivé en tout début d'après-midi. Après le naufrage, j'ai été repêché par un plaisancier en pinasse qui a prévenu le sémaphore, qui de toute façon avait tout vu !

Le bateau a été ramené le surlendemain par une société de La Teste sur requête de mon assureur.

Ce qu'il faut faire :

- Temps d'orage : Un check météo très resserré. Le grain était très visible (ciel très noir), je n'avais que mon petit moteur électrique, avec un moteur thermique, j'aurais mis à sec de toile.

- Temps à grains : Capots fermés. Après s'être couché, un clapot d'environ un mètre s'est levé avec déferlantes, le bateau s'est rapidement entièrement retourné (et il y avait du fond devant les arbousiers). Le coup de vent a duré 1/4 d'heure. Rien d'autre à faire que de rester accroché au bateau. La visibilité au ras de l'eau était de 2/3 m. Je ne me suis pas senti en danger, j'avais le gilet, sauf quand je me suis rendu compte que j'étais entortillé dans l'écoute de GV. Là, petit moment de stress (et si le bateau coulait !).

- Les secours : La pinasse m'a passé un bout que j'ai noué sur l'anneau de remorquage mais il était court et face à l'échec, je l'ai enlevé pour tenter autre chose l’erreur, car le bateau s'est enfoncé par l'avant et impossible de récupérer l'anneau. Quand la SNSM est arrivée la plongeuse n'était pas habilité à plonger !! et ils n’ont pas voulu que je tente de passer un bout dans l'anneau. Il faut dire que le bateau était presque à la verticale. Bref la parade, passer un bout dans l'anneau et ne l'enlever sous aucun prétexte. On pourrait même conseiller de laisser un dyneema à poste sur l'anneau. J'ai passé un très bon moment lors du national et je regrette de ne pas avoir eu le temps de progresser assez.  

Faute d'avoir retrouvé un 590 dans un état et à un prix raisonnable, j'ai opté pour un Sprinto. Je reste dispo pour toute précision. On se recroisera sur l'eau.

A bientôt Eric Lafon.

AS590

Ouf, Eric s’en est sorti indemne. Nous publions son retour d’expérience qui nous amène à réfléchir sur les dispositions de sécurité en solo.

L’association perd un membre actif et un bateau. Nous souhaitons à Eric de belles navigations avec son Sprinto, c’est une belle acquisition.